Litiges commerciaux

Condamnation en référé provision à 32 699 € pour impayés de commandes de matériel informatique

28 février 2017 32 699 € IMPAYÉS RECOUVRÉS

Tribunal de commerce de Paris, 28 février 2017, T. com. Paris, réf., 28 févr. 2017, n° 2017008192

Notre client, une société spécialisée dans les solutions technologiques et informatiques, avait réalisé trois commandes au bénéfice d'une société de confection parisienne entre juin 2013 et décembre 2015. Malgré plusieurs relances et mises en demeure restées sans réponse, le débiteur refusait de régler la somme de 32 699,37 € correspondant aux factures émises, alors même qu'un acompte de 1 700 € avait été versé, attestant de la réalité de la relation commerciale.

Maître Jeremy Maruani
Maître Jeremy Maruani Avocat au Barreau de Paris

Créance impayée

32 699 € de factures restées sans règlement depuis 2013-2015

Après référé

Condamnation provisionnelle intégrale + intérêts + article 700

Le contexte du litige

Notre client, une société spécialisée dans les solutions technologiques et informatiques, avait réalisé trois commandes au bénéfice d'une société de confection parisienne entre juin 2013 et décembre 2015. Malgré plusieurs relances et mises en demeure restées sans réponse, le débiteur refusait de régler la somme de 32 699,37 € correspondant aux factures émises, alors même qu'un acompte de 1 700 € avait été versé, attestant de la réalité de la relation commerciale.

La stratégie judiciaire du cabinet

Le cabinet a opté pour la voie du référé provision, la créance apparaissant non sérieusement contestable au sens de l'article 873 alinéa 2 du Code de procédure civile. L'argumentation reposait sur la production de factures détaillées, d'un extrait du grand livre tiers attestant du versement d'un acompte par le débiteur, de relances amiables documentées et de deux mises en demeure par lettres recommandées avec accusé de réception restées sans réponse.

La décision du tribunal

Le juge des référés a condamné le débiteur à payer à titre de provision la somme de 32 699,37 € majorée des intérêts au taux légal à compter du 29 décembre 2015, date de réception de la mise en demeure. Le tribunal a relevé l'absence de toute contestation de la part du défendeur qui, bien qu'avisé de l'assignation par dépôt en l'étude d'huissier, ne s'est pas fait représenter à l'audience. Une indemnité de 850 € au titre de l'article 700 a également été allouée.

Le rejet de la demande de dommages et intérêts

La demande de 1 000 € à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive a été rejetée, le juge des référés considérant que cette prétention nécessitait une interprétation dépassant ses pouvoirs. Cette limitation est classique en matière de référé, le juge ne disposant que d'un pouvoir provisionnel et non d'un pouvoir de trancher le fond du litige, notamment l'appréciation du caractère abusif de la résistance.

Les enseignements pratiques

Cette décision illustre l'efficacité du référé provision pour obtenir rapidement le paiement de créances commerciales non contestées. La constitution d'un dossier probatoire solide (factures, mises en demeure avec AR, comptabilité) est essentielle pour établir le caractère non sérieusement contestable de la créance. L'ordonnance de référé étant exécutoire de plein droit, le créancier peut immédiatement engager les voies d'exécution sans attendre l'expiration des délais d'appel.

Chronologie de l'affaire

Juin 2013 — Décembre 2015

Réalisation des trois commandes de matériel informatique

23 décembre 2015

Mise en demeure par lettre recommandée avec AR (réceptionnée le 29 décembre)

12 janvier 2016

Seconde mise en demeure par le cabinet restée sans réponse

14 février 2017

Assignation en référé devant le Tribunal de commerce de Paris

28 février 2017

Ordonnance de référé condamnant le débiteur à 32 699 € en provision

Questions fréquentes sur cette décision

Mon client a versé un acompte puis a cessé de payer : est-ce que cela m'aide ?

Oui, l'acompte atteste de la réalité de la relation commerciale. Ici, un versement de 1 700 euros, justifié par un extrait du grand livre tiers, a contribué à établir que la créance de 32 699,37 euros n'était pas sérieusement contestable. Un débiteur qui a commencé à payer soutient difficilement n'avoir jamais rien commandé.

Mes factures remontent à plusieurs années : est-il trop tard pour agir ?

Pas nécessairement. Dans cette affaire, les trois commandes de matériel informatique avaient été réalisées entre juin 2013 et décembre 2015, et l'ordonnance de référé a été rendue le 28 février 2017, condamnant le débiteur à 32 699,37 euros avec intérêts depuis le 29 décembre 2015. Chaque situation doit cependant être vérifiée au cas par cas.

Combien de temps dure une procédure de référé provision ?

Elle peut être très brève. Ici, l'assignation a été délivrée le 14 février 2017 et l'ordonnance rendue le 28 février 2017, soit moins de deux semaines, pour une condamnation provisionnelle de 32 699,37 euros majorée des intérêts légaux et 850 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

Mon débiteur est injoignable et l'acte n'a pas pu lui être remis en mains propres : cela bloque-t-il tout ?

Non. Dans cette affaire, le défendeur a été avisé de l'assignation par dépôt en l'étude de l'huissier et ne s'est pas fait représenter à l'audience. Le juge a relevé l'absence de toute contestation et a prononcé la condamnation provisionnelle. Le silence ou l'éloignement du débiteur ne le met pas à l'abri d'un titre.

Ma comptabilité peut-elle servir de preuve face à un client qui conteste ?

Elle y contribue. Le dossier reposait ici sur les factures détaillées, un extrait du grand livre tiers attestant du versement d'un acompte par le débiteur, des relances amiables documentées et deux mises en demeure par lettres recommandées avec accusé de réception restées sans réponse. C'est la cohérence de l'ensemble qui rend la créance incontestable.

Dois-je attendre la fin des délais d'appel pour saisir les comptes de mon débiteur ?

Non, l'ordonnance de référé est exécutoire de plein droit. Le créancier peut engager immédiatement les voies d'exécution sans attendre l'expiration des délais d'appel. C'est l'un des intérêts majeurs de cette procédure par rapport à une action au fond, dès lors que la créance n'apparaît pas sérieusement contestable.

Pourquoi le juge des référés a-t-il refusé les dommages-intérêts pour résistance abusive ?

Parce que cette demande dépassait ses pouvoirs. Les 1 000 euros réclamés à ce titre ont été rejetés, le juge considérant que l'appréciation du caractère abusif de la résistance nécessitait une interprétation qu'il ne lui appartenait pas de faire en référé. Le juge des référés dispose d'un pouvoir provisionnel, non du pouvoir de trancher le fond.

Points clés à retenir

  • 32 699 € obtenus en référé provision avec intérêts depuis décembre 2015
  • Créance jugée non sérieusement contestable sur la base des factures et de la comptabilité
  • Ordonnance exécutoire de plein droit permettant une exécution immédiate
  • Procédure rapide — jugement obtenu en moins de deux semaines après l'assignation

Résultat obtenu

32 699,37 € en provision + intérêts légaux depuis décembre 2015 + 850 € article 700

32 699 € IMPAYÉS RECOUVRÉS

Référence :

Tribunal de commerce de Paris, 28 février 2017, T. com. Paris, réf., 28 févr. 2017, n° 2017008192

32 699,37 € en provision + intérêts légaux depuis décembre 2015 + 850 € article 700

Avertissement : Cet article a une vocation d'information générale et ne saurait constituer un avis juridique personnalisé. Chaque situation étant unique, nous vous invitons à consulter un avocat pour obtenir des conseils adaptés à votre cas particulier.

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