Procédures collectives

Arrêt de l'exécution provisoire d'un jugement de liquidation judiciaire

12 décembre 2024 5 min LIQUIDATION SUSPENDUE EN APPEL

Cour d'appel de Versailles

Notre client, une société spécialisée dans les services informatiques et l'innovation, avait été placé en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre sur assignation de l'URSSAF. JEM-AVOCAT a obtenu en référé devant la cour d'appel de Versailles l'arrêt de l'exécution provisoire du jugement, ouvrant la voie à un examen au fond de la possibilité d'un redressement judiciaire.

Maître Jeremy Maruani
Maître Jeremy Maruani Avocat au Barreau de Paris

Situation initiale

Liquidation judiciaire

Après intervention

Exécution provisoire arrêtée

Les faits de l'espèce

Notre client est une société par actions simplifiée unipersonnelle exerçant dans le domaine des services informatiques et de l'innovation.

Sur assignation de l'URSSAF Ile-de-France, le tribunal de commerce de Nanterre a, par jugement réputé contradictoire du 10 septembre 2024, ouvert une procédure de liquidation judiciaire à l'égard de notre client et désigné un liquidateur judiciaire.

Notre client a interjeté appel de ce jugement par deux déclarations en date des 24 et 25 septembre 2024.

La décision de première instance

Le tribunal de commerce de Nanterre avait prononcé la liquidation judiciaire de notre client sur assignation de l'URSSAF Ile-de-France.

Le jugement réputé contradictoire du 10 septembre 2024 avait ouvert la liquidation judiciaire et désigné un liquidateur. Notre client n'avait pas été présent à l'audience de première instance.

Les arguments développés par JEM-AVOCAT

Devant le délégataire du premier président de la cour d'appel de Versailles, JEM-AVOCAT a soutenu que notre client justifiait de moyens sérieux d'infirmation du jugement, au sens de l'article R. 661-1 du code de commerce.

L'argumentation reposait sur les éléments suivants :

  • Un passif maîtrisable : le passif déclaré s'élevait à 157 097 euros dont 53 886,50 euros à titre privilégié
  • Un chiffre d'affaires significatif : 188 807 euros pour l'exercice 2023 (264 485 euros en N-1)
  • Un résultat positif : 30 837 euros de résultat avant impôt pour 2023 (63 416 euros en N-1)
  • Des contrats en cours : un contrat existant et un contrat en cours de négociation permettant d'envisager la poursuite de l'activité
  • Des difficultés conjoncturelles : les difficultés rencontrées étaient liées à la crise sanitaire, et non à un défaut structurel

JEM-AVOCAT a ainsi démontré que le redressement de notre client n'était pas manifestement impossible, justifiant l'arrêt de l'exécution provisoire du jugement de liquidation.

La solution retenue par la juridiction

La cour d'appel de Versailles a fait droit à la demande de notre client en arrêtant l'exécution provisoire du jugement de liquidation judiciaire.

La juridiction a retenu que notre client justifiait d'un moyen sérieux d'infirmation du jugement d'ouverture de la liquidation judiciaire, la cour pouvant considérer que son redressement n'est pas manifestement impossible et ouvrir une période d'observation.

Le liquidateur judiciaire s'en était rapporté à justice, l'URSSAF s'en était également rapportée, et le ministère public avait émis un avis favorable à l'arrêt de l'exécution provisoire.

La cour a précisé que cette appréciation ne valait que dans le cadre de la présente instance et ne préjugeait en rien des chances de succès de l'appel au fond.

Les implications pratiques

L'arrêt de l'exécution provisoire en matière de liquidation judiciaire

L'article R. 661-1 du code de commerce prévoit que les jugements de liquidation judiciaire sont exécutoires de plein droit à titre provisoire. Par dérogation à l'article 514-3 du code de procédure civile, le premier président ne peut arrêter cette exécution provisoire que lorsque les moyens à l'appui de l'appel paraissent sérieux.

Cette décision illustre l'importance d'agir rapidement après un jugement de liquidation judiciaire pour obtenir l'arrêt de l'exécution provisoire, permettant ainsi à la société de poursuivre son activité pendant l'examen de l'appel.

L'impact de la crise sanitaire comme facteur d'appréciation

La cour a tenu compte du contexte de difficultés liées à la crise sanitaire pour apprécier la situation de l'entreprise, ce qui constitue un élément favorable dans l'analyse de la possibilité de redressement.

Ce que l'appel peut changer

L'arrêt de l'exécution provisoire n'est qu'une étape préalable. L'appel au fond permettra de demander l'infirmation du jugement de liquidation et l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire avec une période d'observation, comme cela a été obtenu dans des affaires similaires traitées par le cabinet.

Chronologie de l'affaire

10 septembre 2024

Jugement de liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre

24-25 septembre 2024

Appel interjeté par notre client

20 novembre 2024

Assignation en référé devant le premier président

28 novembre 2024

Audience devant la cour d'appel de Versailles

12 décembre 2024

Arrêt de l'exécution provisoire accordé

Questions fréquentes sur cette décision

La liquidation s'applique-t-elle immédiatement, même si je fais appel ?

Oui. Les jugements de liquidation judiciaire sont exécutoires de plein droit à titre provisoire, en application de l'article R. 661-1 du code de commerce : l'appel ne suspend rien par lui-même. Seul le premier président de la cour d'appel peut arrêter cette exécution provisoire, et uniquement lorsque les moyens à l'appui de l'appel lui paraissent sérieux.

Je n'étais pas à l'audience du tribunal : tout est-il perdu ?

Non. Dans cette affaire, notre client n'était pas présent devant le tribunal de commerce de Nanterre, qui a prononcé la liquidation par jugement réputé contradictoire du 10 septembre 2024. L'appel a été formé par deux déclarations des 24 et 25 septembre, et l'exécution provisoire a été arrêtée le 12 décembre 2024.

Mon entreprise dégage un bénéfice : pourquoi est-elle liquidée ?

Le bénéfice ne protège pas du défaut de paiement, mais il nourrit l'argumentation en appel. Dans cette affaire, le résultat avant impôt atteignait 30 837 euros en 2023 pour un chiffre d'affaires de 188 807 euros, face à un passif déclaré de 157 097 euros. Ce rapport a permis de soutenir que le redressement n'était pas manifestement impossible.

Si j'obtiens l'arrêt de l'exécution provisoire, mon appel est-il gagné ?

Non, et la juridiction l'a précisé expressément dans cette affaire : son appréciation ne valait que dans le cadre de cette instance et ne préjugeait en rien des chances de succès de l'appel au fond. L'arrêt de l'exécution provisoire protège l'activité pendant la procédure ; l'infirmation du jugement se joue à une audience distincte.

Combien de temps s'écoule entre le jugement et la suspension ?

Dans cette affaire, environ trois mois. Le tribunal de commerce de Nanterre a prononcé la liquidation le 10 septembre 2024, l'appel a été formé les 24 et 25 septembre, l'assignation en référé est intervenue le 20 novembre, l'audience s'est tenue le 28 novembre, et l'ordonnance arrêtant l'exécution provisoire a été rendue le 12 décembre 2024.

L'URSSAF et le liquidateur s'opposent-ils toujours à une telle demande ?

Pas systématiquement. Dans cette affaire, le liquidateur judiciaire s'en est rapporté à justice, l'URSSAF s'en est également rapportée, et le ministère public a émis un avis favorable à l'arrêt de l'exécution provisoire. Cette absence d'opposition générale a accompagné la décision du délégataire du premier président de la cour d'appel de Versailles.

Les difficultés liées à la crise sanitaire peuvent-elles être prises en compte ?

Elles peuvent peser dans l'appréciation. Dans cette affaire, il a été soutenu que les difficultés rencontrées tenaient à la crise sanitaire et non à un défaut structurel de l'entreprise. La cour d'appel de Versailles a tenu compte de ce contexte pour apprécier la situation de la société et la possibilité d'un redressement.

Points clés à retenir

  • Arrêt de l'exécution provisoire obtenu sur le fondement de l'article R. 661-1 du code de commerce
  • Moyens sérieux d'infirmation reconnus : redressement non manifestement impossible
  • Avis favorable du ministère public et du liquidateur judiciaire
  • Passif de 157 097 € face à un chiffre d'affaires de 188 807 € et un résultat positif

Résultat obtenu

Arrêt de l'exécution provisoire accordé

LIQUIDATION SUSPENDUE EN APPEL

Référence :

Cour d'appel de Versailles

Arrêt de l'exécution provisoire accordé

Avertissement : Cet article a une vocation d'information générale et ne saurait constituer un avis juridique personnalisé. Chaque situation étant unique, nous vous invitons à consulter un avocat pour obtenir des conseils adaptés à votre cas particulier.

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