Avocat redressement judiciaire Paris

Avocat Redressement Judiciaire à Paris

JEM-AVOCAT accompagne les entreprises en redressement judiciaire et obtient la conversion de liquidations judiciaires en redressement devant les Cours d'appel.

JEM-AVOCAT Cabinet d'avocats
Maître Jeremy Maruani
Me Jeremy Maruani
Avocat au Barreau de Paris
Maître Jeremy Maruani

Qu'est-ce que le redressement judiciaire ?

Le redressement judiciaire est une procédure collective ouverte lorsqu'une entreprise est en cessation des paiements mais que son redressement demeure possible. Régi par les articles L.631-1 et suivants du Code de commerce, il vise à permettre la poursuite de l'activité, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif.

Contrairement à la liquidation judiciaire, le redressement judiciaire offre à l'entreprise une seconde chance. Le dirigeant reste aux commandes, l'activité se poursuit et un plan de redressement peut être adopté pour étaler le remboursement des dettes sur une période pouvant aller jusqu'à 10 ans.

L'expertise de JEM-AVOCAT : Le cabinet a obtenu de nombreuses conversions de liquidation judiciaire en redressement judiciaire en appel, devant les Cours d'appel de Paris, Versailles et Aix-en-Provence. C'est l'argumentation développée par le cabinet qui a permis de convaincre les Cours que les entreprises disposaient de perspectives de redressement viables.

Quelles sont les 4 étapes du redressement judiciaire ?

Étape 1 : La préparation et le dépôt de la demande

Le dirigeant dispose d'un délai de 45 jours à compter de la cessation des paiements pour effectuer la déclaration auprès du greffe du Tribunal de commerce (article L.631-4 du Code de commerce). JEM-AVOCAT accompagne le dirigeant dans cette étape cruciale :

Étape 2 : La désignation des organes de la procédure

Le jugement d'ouverture désigne les organes de la procédure qui interviendront tout au long du redressement :

Étape 3 : La période d'observation

La période d'observation est la phase centrale du redressement judiciaire. D'une durée initiale de 6 mois, renouvelable une fois (article L.621-3 du Code de commerce), elle permet :

Attention : Pendant la période d'observation, le Tribunal peut à tout moment prononcer la conversion du redressement en liquidation judiciaire si l'entreprise ne parvient pas à faire face à ses charges courantes. JEM-AVOCAT veille à ce que cette conversion ne soit prononcée que lorsqu'elle est réellement justifiée et la conteste systématiquement en appel le cas échéant.

Étape 4 : L'adoption du plan de redressement

À l'issue de la période d'observation, le Tribunal statue sur le plan de redressement proposé par le dirigeant. Ce plan de continuation prévoit :

Quels sont les effets du redressement judiciaire ?

Le gel des poursuites individuelles

Dès le prononcé du jugement d'ouverture, toutes les poursuites individuelles des créanciers sont suspendues. Les procédures d'exécution en cours sont arrêtées, les saisies sont levées et aucune nouvelle action en paiement ne peut être engagée. Ce gel constitue une protection majeure pour l'entreprise en difficulté.

La continuation des contrats en cours

Les contrats en cours au jour du jugement d'ouverture se poursuivent de plein droit (article L.622-13 du Code de commerce). L'administrateur judiciaire dispose de la faculté d'exiger l'exécution des contrats en cours ou d'y mettre fin. Les cocontractants ne peuvent pas résilier un contrat au seul motif de l'ouverture de la procédure.

Le sort des salariés

Les contrats de travail se poursuivent pendant le redressement judiciaire. Les salariés bénéficient de protections spécifiques :

Le plan sur dix ans à taux zéro : ce que le redressement permet vraiment

C'est l'aspect que les dirigeants découvrent le plus souvent une fois la procédure engagée, et qu'ils regrettent de ne pas avoir connu plus tôt. Le redressement judiciaire n'est pas seulement un répit : c'est le seul outil qui permette d'étaler l'intégralité du passif sur dix ans sans intérêts, et de l'imposer à des créanciers qui n'ont pas leur mot à dire sur les délais.

Le gel s'applique à toutes les dettes, pas seulement aux charges sociales

Le jugement d'ouverture gèle l'ensemble des dettes antérieures : URSSAF, TVA et impôt sur les sociétés, fournisseurs, concours bancaires, loyers arriérés. Il arrête le cours des intérêts légaux et conventionnels, ainsi que des intérêts de retard et des majorations (article L.622-28 du Code de commerce), à l'exception des prêts conclus pour une durée d'un an ou plus, dont les intérêts continuent de courir.

Le plan est ensuite arrêté pour une durée fixée par le tribunal, qui ne peut excéder dix ans (article L.626-12). Pour les créanciers qui n'ont rien accepté, le tribunal impose des délais uniformes de paiement (article L.626-18). Ni un fournisseur, ni une banque, ni le Trésor public ne peuvent s'y opposer. Le premier paiement intervient dans l'année ; chaque annuité représente au moins 5 % de chaque créance à partir de la troisième année, 10 % à partir de la sixième.

Un million d'euros de dettes, deux scénarios. Un dirigeant qui emprunterait un million d'euros pour solder son passif, sur dix ans à 5 %, rembourserait 10 607 € par mois, soit 1 272 786 € au total — dont 272 786 € d'intérêts. Le même passif étalé dans un plan de redressement représente 8 333 € par mois et 1 000 000 € au total. L'écart reste dans l'entreprise au lieu de partir chez un prêteur. Et il faudrait encore obtenir ce prêt, ce qu'une entreprise en difficulté obtient rarement.

Le plan est progressif : 90 000 € au lieu de 381 836 € sur trois ans

Un plan de redressement ne fait pas payer le même montant chaque année, et c'est le texte lui-même qui l'organise. L'article L.626-18 du Code de commerce ne fixe que des planchers, et il les fait courir tard : « le montant de chacune des annuités prévues par le plan, à compter de la troisième, ne peut être inférieur à 5 % de chacune des créances admises, et, à compter de la sixième année, à 10 % ».

Il faut lire la formule au mot près. Le plancher de 5 % s'applique à compter de la troisième annuité : les deux premières n'en ont aucun. La seule contrainte qui les concerne est que le premier paiement intervienne dans l'année, sans montant minimum. Autrement dit, sur les trois premières années, le minimum légal n'est pas de 5 % par an — c'est 5 % en tout, porté par la seule troisième annuité.

Année du planPlancher fixé par la loiSur un passif d'un million d'euros
1re et 2eAucun — seulement un premier paiement dans l'annéeMontant libre, souvent symbolique
3e à 5e5 % de chaque créance admise50 000 € par an
6e à 10e10 % de chaque créance admise100 000 € par an

Prenons un plan progressif sur un passif d'un million d'euros : 2 % la première année, 2 % la deuxième, 5 % la troisième. Le plancher légal n'oblige à rien avant la troisième annuité, puis impose 5 %. En face, le même million emprunté sur dix ans à 5 % : la banque réclame 10 607 € par mois, dès le premier mois, soit 127 279 € par an.

AnnéePlan de redressementPrêt bancaireÉcart sur l'annéeTrésorerie cumulée
1re2 % — 20 000 €127 279 €107 279 €107 279 €
2e2 % — 20 000 €127 279 €107 279 €214 557 €
3e5 % — 50 000 €127 279 €77 279 €291 836 €
Total90 000 €381 836 €291 836 € conservés

Ce que cela veut dire pour le dirigeant. Sur les trois premières années, l'entreprise verse 90 000 € au lieu de 381 836 € : une charge moyenne de 2 500 € par mois contre 10 607 €. La différence, 291 836 €, n'est pas une économie comptable : c'est de la trésorerie que l'entreprise conserve et dont elle dispose librement — payer ses fournisseurs comptant et retrouver leur confiance, reconstituer un stock, recruter, investir, ou simplement cesser de vivre à découvert.

Et cette trésorerie arrive au moment exact où elle manque. Le prêt, lui, exige le plus gros effort la première année, celle où l'entreprise sort à peine de ses difficultés — à supposer qu'une banque accepte de prêter un million à une entreprise qui vient d'être assignée.

Ce n'est pas de la théorie

Un plan progressif, correctement présenté et appuyé sur des perspectives documentées, est adopté. Le cabinet en a obtenu un devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence, le 18 décembre 2025, au bénéfice d'une SCI dont le tribunal avait pourtant ordonné la liquidation.

Près de cinq millions d'euros de passif déclaré ont été étalés sur dix ans, sans intérêts, selon un échéancier annuel progressif :

Année1 et 23 et 45678910
Part du passif2 %5 %6 %10 %12 %15 %21 %22 %

2 % la première année, 2 % la deuxième. Pendant plus de deux ans, le remboursement est donc quasiment nul. C'est exactement le temps qu'il faut à une entreprise pour se redresser et reconstituer sa trésorerie avant que les annuités ne montent. La cour a en outre gelé le remboursement des comptes courants d'associés pour toute la durée du plan, et rendu le bien inaliénable.

Cette décision est publiée avec sa juridiction, sa date et son numéro de rôle : liquidation infirmée, plan de redressement sur dix ans.

Deux précisions, parce qu'elles décident de ce qui est réellement obtenu.

Les planchers ne sont pas le plan. Additionnés, ils ne couvrent que 65 % du passif : 5 % pendant trois ans, puis 10 % pendant cinq ans. Les 35 % restants doivent être réglés dans la durée du plan, ce qui alourdit les dernières annuités. L'effort est différé, pas effacé — mais différé sans intérêts, et il arrive quand l'entreprise a retrouvé des marges, à l'inverse d'un prêt qui exige le plus gros effort au moment où la trésorerie est au plus bas.

Le minimum légal n'est pas un dû. C'est le tribunal qui arrête le plan, au vu des perspectives de l'entreprise et de l'avis du mandataire judiciaire. Un démarrage très bas se défend : il se démontre, projections à l'appui. C'est précisément le travail de construction du plan, et ce qui sépare un plan accepté d'un plan refusé.

Délais imposés, remises négociées : le levier du plan

Les articles L.626-5 et L.626-18 du Code de commerce distinguent deux choses. Les délais s'imposent aux créanciers. Les remises se négocient : le tribunal ne fait que donner acte de celles qui ont été acceptées. Le plan peut donc soumettre à chaque créancier une option.

OptionCe que le créancier perçoitQuand
Option 1 — paiement accéléré avec remiseUne fraction de sa créance, de l'ordre de 30 %, valant solde de tout compteDans l'année
Option 2 — plan complet100 % de sa créanceÉtalé sur dix ans

Beaucoup de créanciers choisissent la première : un fournisseur qui a déjà provisionné la créance, une banque qui veut clore une ligne, un organisme qui préfère un encaissement certain à un recouvrement étalé sur une décennie. Chaque acceptation efface définitivement la différence, et l'effet de restructuration se compte en dizaines, parfois en centaines de milliers d'euros de dette éteinte.

À savoir : aucun créancier ne peut être contraint d'accepter une remise. L'option se propose, elle ne s'impose pas. Ce qui s'impose, ce sont les délais. Un plan bien construit combine les deux : l'étalement sur dix ans pour tous, et des remises auprès de ceux qui ont intérêt à encaisser vite.

Ce que nous observons dans les dossiers

Le cabinet a obtenu plusieurs plans de redressement sur dix ans au profit de ses clients. Le schéma se répète : le dirigeant aborde la procédure avec réticence, convaincu qu'elle signe la fin de son entreprise, et la décrit deux ans plus tard comme la meilleure décision qu'il ait prise. L'entreprise repart sur une feuille blanche, sans avoir emprunté pour payer ses dettes.

Sur la durée, enfin, une précision qui pèse dans la décision : la période d'observation n'est pas nécessairement longue. Dans certains dossiers, moins de six mois séparent l'ouverture de l'arrêté du plan, ce qui limite d'autant l'exposition vis-à-vis des clients, des fournisseurs et des banques.

Comment JEM-AVOCAT obtient la conversion d'une liquidation en redressement judiciaire ?

L'une des forces de JEM-AVOCAT réside dans sa capacité à obtenir en appel la conversion de jugements de liquidation judiciaire en redressement judiciaire. Cette stratégie repose sur une argumentation en trois temps :

  1. Contestation de la cessation des paiements : analyse comptable approfondie pour démontrer que l'actif disponible couvre le passif exigible, ou que la date de cessation des paiements retenue par le Tribunal est erronée. Un arrêt récent illustre ce que produit ce travail : 535 303 € réclamés, 36 333 € de passif réellement exigible.
  2. Démonstration des perspectives de redressement : production d'un business plan réaliste, attestations de clients, contrats en cours et carnets de commandes prouvant la viabilité de l'activité.
  3. Critique de la motivation du jugement : mise en évidence des insuffisances de motivation du jugement de première instance, notamment sur le caractère « manifeste » de l'impossibilité de redressement.
Résultats récents : JEM-AVOCAT a obtenu l'infirmation de jugements de liquidation judiciaire devant les Cours d'appel de Paris (juillet 2025), Versailles (mai 2025) et Aix-en-Provence (décembre 2025, avec obtention d'un plan de redressement sur 10 ans). Dans chaque affaire, c'est la qualité de l'argumentation développée par le cabinet qui a permis de convaincre la Cour.

Pourquoi faire appel à JEM-AVOCAT pour un redressement judiciaire ?

L'accompagnement par un avocat spécialisé en redressement judiciaire est déterminant pour le succès de la procédure. JEM-AVOCAT intervient à chaque étape :

Le cabinet intervient également en matière de contentieux fiscal lié aux procédures collectives, de protection du patrimoine du dirigeant et de défense contre le comblement de passif.

Consulter l'intégralité des +150 décisions publiées

Votre entreprise est en redressement judiciaire ?

JEM-AVOCAT vous accompagne à chaque étape : période d'observation, relations avec l'administrateur, adoption du plan de redressement.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre redressement judiciaire et liquidation judiciaire ?

Le redressement judiciaire est ouvert lorsque l'entreprise est en cessation des paiements mais que son redressement reste possible. L'activité se poursuit sous le contrôle d'un administrateur judiciaire. La liquidation judiciaire est prononcée lorsque le redressement est manifestement impossible : l'activité cesse et les actifs sont vendus. JEM-AVOCAT obtient régulièrement la conversion de liquidations en redressement judiciaire en appel.

Combien de temps dure la période d'observation en redressement judiciaire ?

La période d'observation est initialement fixée à 6 mois maximum. Elle peut être renouvelée une fois pour une durée de 6 mois supplémentaires, soit 12 mois au total (article L.621-3 du Code de commerce). Dans des cas exceptionnels, le Procureur de la République peut demander une prolongation supplémentaire de 6 mois.

Que devient le dirigeant pendant le redressement judiciaire ?

Contrairement à la liquidation judiciaire, le dirigeant reste aux commandes de l'entreprise pendant le redressement judiciaire. Il continue à administrer la société, mais sous le contrôle de l'administrateur judiciaire désigné par le Tribunal. Selon la mission confiée à l'administrateur (surveillance ou assistance), le dirigeant conserve une autonomie plus ou moins grande.

Quel est le sort des salariés en redressement judiciaire ?

Les contrats de travail se poursuivent pendant le redressement judiciaire. Les salaires postérieurs au jugement d'ouverture bénéficient du privilège de procédure et doivent être payés à leur échéance. Les salaires impayés antérieurs au jugement sont garantis par l'AGS (Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés). Si des licenciements économiques sont nécessaires, ils doivent être autorisés par le juge-commissaire.

Peut-on contester la conversion d'un redressement en liquidation judiciaire ?

Oui, la décision de conversion d'un redressement judiciaire en liquidation judiciaire peut faire l'objet d'un appel dans un délai de 10 jours. JEM-AVOCAT a obtenu l'infirmation de plusieurs conversions en démontrant devant les Cours d'appel que l'entreprise disposait de perspectives de redressement viables et que la poursuite de la période d'observation ou l'adoption d'un plan de redressement restait possible.

Nos victoires

Expertises connexes

Besoin d'un avocat spécialisé ?

JEM-AVOCAT met son expertise au service de votre dossier. Premier échange téléphonique gratuit.